toute Tltalie, et enivrent jeunes et vieux de la verveardente qui les anime. Pourtant il n’est aujourd’huiqu’un pauvre diable vieilli, avec les yeux éteints dansun visage fané, de maigres cheveux blancs sur une têtebranlante, et la froide stérilité dans son cœur soucieux.Un tel poète, vieux et pauvre, avec son chauve amai-grissement, ressemble aux ceps de vigne que nousvoyons dans l’hiver sur les froides montagnes, secs,effeuillés, tremblants à tous les vents, et chargés deneige, pendant que la douce liqueur sortie de leursveines va réchauffer, dans les pays les plus éloignés, lecœur de maint buveur, qui s’enivre en chantant leurslouanges. Qui sait si un jour, alors que l’imprimerie,pressoir des pensées, m’aura épuisé jusqu’à la dernièregoutte, et qu’on ne pourra plus trouver que dans lesmagasins des libraires Hoffmann et Campe mon vieilesprit soigneusement soutiré, je ne serai pas assis àmon tour, maigre et attristé comme le pauvre Bartolo,sur une escabelle, auprès du lit d’une vieille amoureuse,à laquelle je présenterai le crachoir.
Signora Letizia s’excusa auprès de moi de ce qu’elleétait au lit, et même sur le ventre, parce qu’un abcèsau bas des reins, qu’elle s’était attiré en mangeant im-modérément des figues, l’empêchait alors d’être cou-chée sur le dos, comme il convient à une femme hon-nête. Elle avait en effet la pose d’un sphinx; sa tête,frisée en hauteur, s’appuyait sur ses deux bras, entre