Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
143
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toute Tltalie, et enivrent jeunes et vieux de la verveardente qui les anime. Pourtant il nest aujourdhuiquun pauvre diable vieilli, avec les yeux éteints dansun visage fané, de maigres cheveux blancs sur une têtebranlante, et la froide stérilité dans son cœur soucieux.Un tel poète, vieux et pauvre, avec son chauve amai-grissement, ressemble aux ceps de vigne que nousvoyons dans lhiver sur les froides montagnes, secs,effeuillés, tremblants à tous les vents, et chargés deneige, pendant que la douce liqueur sortie de leursveines va réchauffer, dans les pays les plus éloignés, lecœur de maint buveur, qui senivre en chantant leurslouanges. Qui sait si un jour, alors que limprimerie,pressoir des pensées, maura épuisé jusquà la dernièregoutte, et quon ne pourra plus trouver que dans lesmagasins des libraires Hoffmann et Campe mon vieilesprit soigneusement soutiré, je ne serai pas assis àmon tour, maigre et attristé comme le pauvre Bartolo,sur une escabelle, auprès du lit dune vieille amoureuse,à laquelle je présenterai le crachoir.

Signora Letizia sexcusa auprès de moi de ce quelleétait au lit, et même sur le ventre, parce quun abcèsau bas des reins, quelle sétait attiré en mangeant im-modérément des figues, lempêchait alors dêtre cou-chée sur le dos, comme il convient à une femme hon-nête. Elle avait en effet la pose dun sphinx; sa tête,frisée en hauteur, sappuyait sur ses deux bras, entre