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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
gretta, à la vérité, de n’avoir pas encore entendu cenom illustre, ce qui t’arrive sans doute aussi, cher lec-teur; mais il ne doutait pas qu’il ne répandit bientôt sonéclat sur toute la terre. Puis, il se renversa de nouveausur son siège, râcla quelques accords sur sa guitare, etchanta l’air d’Assur:
O Brama tout puissant!
Daigne prêter l'oreilleA la tremblante voisDe la faible innocence,
De la faible... de la faible...
Une mélodie semblable éclata dans la chambre voi-sine , comme l’écho lutin de la voix d’un rossignol. Ce-pendant signora Letizia fredonnait avec le soprano leplus aigu :
Pour toi seul s’empourpre ma joue,
Pour toi seul bouillonne mon sang;
Oh ! pour toi seul mon cœur se gonfleDe la douce langueur d’amour.
Et elle ajouta ensuite en prose, avec la voix la plusgrasse : — Bartolo, donne-moi le crachoir.
Bartolo se leva de son tabouret sur ses jambes dessé-chées, et présenta respectueusement un pot de porce-laine bleue un peu sale.
Ce second galant était, à ce que me dit Gumpelino enallemand, un poëte fort célèbre, dont les chants, com-posés il y a plus de vingt ans, résonnent encore dans