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2 (1861)
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de leur surabondance de vie, de la rouge pléthore deleurs chairs, être subitement frappées dapoplexie. Lavoilà peut-être, cette secrète affinité que nous pressen-tons si étrangement dans la comparaison entre ces deuxmaîtres. Lexcès de la jovialité chez quelques figures deRubens, et la profonde tristesse dans celles de Corné-lius, nous affectent de la même manière. Mais pourquoicette tristesse chez ce dernier qui est pourtant, lui aussi,un fils des joyeuses Néerlandes? Cest peut-être laf-freuse conviction quil appartient à une époque engloutiedepuis longtemps, et que sa vie nest quune missionposthume. Car, hélas! il nest seulement pas luniquepeintre qui vive en ce moment; mais peut-être aussi ledernier qui doive peindre encore sur cette terre. Avantlui, jusquau temps des Carraches, sétend une longueobscurité, et les ombres se refermeront derrière lui. Samain est la main lumineuse dun esprit, main solitairedans la nuit de lart; et les figures quelle peint portentla tristesse indéfinissable dun pareil isolement. Je naijamais pu contempler, sans un secret frisson deffroi,cette main du dernier peintre, alors que je voyais àMunich lhomme lui-même, ce périt homme pointu,aux yeux chauds; et pourtant cette main réveillait aussien moi le sentiment de la piété la plus confiante, quandje me rappelais quelle se plaçait jadis avec bonté surmes petits doigts, et maidait à tracer quelques contoursau temps, jeune enfant, japprenais à dessiner àlAcadémie des beaux-arts de Dusseldorflf.