REISEBILDER.
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de leur surabondance de vie, de la rouge pléthore deleurs chairs, être subitement frappées d’apoplexie. Lavoilà peut-être, cette secrète affinité que nous pressen-tons si étrangement dans la comparaison entre ces deuxmaîtres. L’excès de la jovialité chez quelques figures deRubens, et la profonde tristesse dans celles de Corné-lius, nous affectent de la même manière. Mais pourquoicette tristesse chez ce dernier qui est pourtant, lui aussi,un fils des joyeuses Néerlandes? C’est peut-être l’af-freuse conviction qu’il appartient à une époque engloutiedepuis longtemps, et que sa vie n’est qu’une missionposthume. Car, hélas! il n’est seulement pas l’uniquepeintre qui vive en ce moment; mais peut-être aussi ledernier qui doive peindre encore sur cette terre. Avantlui, jusqu’au temps des Carraches, s’étend une longueobscurité, et les ombres se refermeront derrière lui. Samain est la main lumineuse d’un esprit, main solitairedans la nuit de l’art; et les figures qu’elle peint portentla tristesse indéfinissable d’un pareil isolement. Je n’aijamais pu contempler, sans un secret frisson d’effroi,cette main du dernier peintre, alors que je voyais àMunich l’homme lui-même, ce périt homme pointu,aux yeux chauds; et pourtant cette main réveillait aussien moi le sentiment de la piété la plus confiante, quandje me rappelais qu’elle se plaçait jadis avec bonté surmes petits doigts, et m’aidait à tracer quelques contoursau temps où, jeune enfant, j’apprenais à dessiner àl’Académie des beaux-arts de Dusseldorflf.