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le plus petit tableau de ce grand maître sans lui payermon tribut d’admiration, d’autant plus qu’il est aujour-d’hui de mode de ne le regarder qu’en levant les épaules,à cause de son manque d’idéalité. Surtout l’école his-torique de Munich se montre grandiose sous ce point devue. On n’a qu’à voir avec quel noble et digne méprisl’adepte cornélien, aux longs cheveux, passe devantPierre-Paul Rubens. Mais peut-être aussi l’erreur desélèves s’explique-t-elle quand on considère le grandcontraste que forme Pierre Cornélius à côté de Pierre-Paul Rubens. On n’en peut guère imaginer en effet deplus grand, et pourtant il me vient quelquefois à l’espritque ces deux maîtres ont de l’analogie, une analogieintime dont j’ai bien la conscience, mais que je ne sau-rais définir. Peut-être recèlent-ils en eux de ces qualitésnationales qui se font comprendre à un troisième com-patriote, à moi, par exemple, comme les plus légèresintonations de l’accent dans l’idiome particulier du paysnatal. Cette parenté secrète ne peut nullement résiderdans la jovialité et dans la débauche de couleur néer-landaise, qui nous sourient de si bon cœur dans tous lestableaux de Rubens, qu’on croirait qu’il les a peints aumilieu des bienheureuses fumées du vin du Rhin, auxgais fronfrons d’une bondissante musique de Kermesse.Et vraiment les tableaux de Cornélius semblent plutôtavoir été peints le vendredi saint, pendant que leschants lugubres de la procession remplissaient les rues,et résonnaient dans l’atelier et dans le cœur du peintre.