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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

dessus en tous sens; les flots bleus de la mer le baignenten murmurant comme un chant de nourrice, et la lune,œil pâle de la nuit, le regarde avec tristesse.

Dans le jardin du palais Doria, lon voit le vieux hérosde la mer sous la figure de Neptune dans un grandbassin. Mais la statue est rongée et mutilée, leau tarie,et les mouettes nichent dans les noirs cyprès qui len-tourent. Comme un écolier qui sait toujours bien parcœur ses comédies, à ce nom de Doria, je pensai toutaussitôt .à Frédéric Schiller, le plus noble, sinon le plusgrand poète parmi les Allemands.

Quoique en ruine pour la plupart, les palais des ci-devant maîtres de Gênes, des nobili, sont encore fortbeaux et resplendissants de luxe. Presque tous sontsitués dans deux grandes rues, nommées Strada-Nuomet llalbi: Le palais Durazzô est le plus remarquable. Ilrenferme de bons tableaux, entre autres un Christ dePaul Véronèse, dont la Madeleine essuie les pieds,quelle vient de laver. Elle est si belle, quon doitcraindre quelle ne soit encore séduite une fois. Je restailongtemps devant elle...; hélas! elle ne leva pas lesyeux. Le Christ est comme un Hamlet de la religion :Go lo a nunnery. Je trouvai aussi quelques Hollandaiset des productions capitales de Rubens, toutes saturéesde la colossale belle humeur de ce Titan néerlandais, dontlesprit avait des ailes si puissantes, quil, séleva jus-quau soleil, quoique les quintaux de fromage de Hol-lande pendissent à ses jambes. Je ne puis passer devant