REISEBILDER.
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vaut pas autant que celle de la'race entière? Car chaquehomme isolé est un monde complet, qui vit et meurt enmême temps que lui, et chaque pierre tumulaire couvreune histoire universelle... Silence ! c’est ainsi que par-leraient les morts tombés à cette place, et nous autresqui vivons, nous avons encore à combattre dans lasainte guerre de la délivrance de l’humanité. . . .
— Nous sommes sur le champ de bataille de Ma-
rengo —.et je descendis de voiture pendant quel-
ques minutes, pour faire mes dévotions du matin.
Une masse colossale de nuages s’arrondissait commeun majestueux arc de triomphe au-dessus du soleil, quimonta victorieux, serein, azuré, et promettant un beaujour. Pour moi, je me sentais comme la pauvre lune,qui, toute pâlissante, apparaissait encore dans le ciel.Elle avait parcouru sa voie solitaire dans la tristesse dela nuit, pendant que le bonheur dormait, et que lesspectres, les hiboux et le crime régnaient seuls; etmaintenant que le jour rajeuni se levait avec ses joyeuxrayons et sa pourpre flottante du matin, il lui fallaitpartir!... Encore un regard douloureux vers la grandelumière du monde, et elle disparut comme un nuagede vapeur.
— Nous aurons un beau jour ! me cria du fond de la