REISEBILDER.
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d’une singulière pitié. Un de mes Anglais regardait lesItaliens comme indifférents en politique, parce qu’ilssemblaient nous écouter avec indifférence quand nousfaisions, nous autres étrangers, de la politique sur laguerre de Turquie et sur l’émancipation des irlandais;et il fut assez injuste pour s’en exprimer avec ironie vis-à-vis d’un de ces Italiens pâles, à barbe noire. Nousavions vu la veille représenter un opéra nouveau à laScala, et entendu le tapage furieux qui se fait d’ordi-naire en pareille solennité.—Vous autres Italiens, disaitle fils d’Albion à l’homme pâle, paraissez être mortspour tout, excepté pour la musique, qui a seule encorele privilège de vous inspirer.— Vous nous faites tort, ditl’homme pâle en haussant les épaules. — Hélas ! con-tinua-t-il avec un soupir, l’Italie rêve assise sur sesruines, et si quelquefois elle s’éveille et bondit à la mé-lodie de quelque chant, ce n’est pas pour le chant enlui-même, mais pour les souvenirs et pour les sentimentsanciens que ce chant a éveillés, pour des sentimentsque l’Italie a toujours portés dans son sein, et qui dé-bordent alors avec fureur;... et telle est la raison duvacarme que vous avez entendu à la Scala.