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2 (1861)
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dune singulière pitié. Un de mes Anglais regardait lesItaliens comme indifférents en politique, parce quilssemblaient nous écouter avec indifférence quand nousfaisions, nous autres étrangers, de la politique sur laguerre de Turquie et sur lémancipation des irlandais;et il fut assez injuste pour sen exprimer avec ironie vis-à-vis dun de ces Italiens pâles, à barbe noire. Nousavions vu la veille représenter un opéra nouveau à laScala, et entendu le tapage furieux qui se fait dordi-naire en pareille solennité.Vous autres Italiens, disaitle fils dAlbion à lhomme pâle, paraissez être mortspour tout, excepté pour la musique, qui a seule encorele privilège de vous inspirer. Vous nous faites tort, ditlhomme pâle en haussant les épaules. Hélas ! con-tinua-t-il avec un soupir, lItalie rêve assise sur sesruines, et si quelquefois elle séveille et bondit à la mé-lodie de quelque chant, ce nest pas pour le chant enlui-même, mais pour les souvenirs et pour les sentimentsanciens que ce chant a éveillés, pour des sentimentsque lItalie a toujours portés dans son sein, et qui dé-bordent alors avec fureur;... et telle est la raison duvacarme que vous avez entendu à la Scala.