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(KÜVRBS DE HENRI HEINE.
bares. Et, dans le fait, le fils d’Albion, quoiqu’il portedu linge blanc et paie tout comptant, n’est pourtantqu’un barbare civilisé, en comparaison de l’Italien, quiannonce plutôt une civilisation qui passe à la barbarie.Celui-là montre dans ses habitudes une grossièreté re-tenue et vernissée, celui-ci décèle une délicatesse fre-latée et presque fétide par exubérance. Et ces pâlesfigures italiennes, avec le blanc des yeux souffrant, etleurs bouches maladivement tendres, quel indéfinissableair de distinction elles ont auprès de ces visages britan-niques, gourmés avec leur santé trivialement rouge.Tout le peuple italien est malade intérieurement, et leshommes malades sont véritablement toujours plus dis-tingués que ceux en bonne santé : car il n’y a que lemalade qui soit un homme ; ses membres racontent unehistoire de souffrance;... ils en sont spiritualisés. Jecrois même que par le moyen des tortures de la douleur,les animaux pourraient parvenir à l’état d’hommes. J’aivu une fois un chien mourant qui, dans ses dernièresangoisses, me regardait avec une expression véritable-ment humaine.
L’expression souffrante de la figure est surtout visiblechez les Italiens, quand on parle avec eux des malheursde leur patrie, et l’on trouve assez d’occasions de cegenre à Milan. C’est la blessure la plus douloureuse aucœur des Italiens, et ils sont pris de mouvements con-vulsifs quand on la louche, même légèrement. Ils ontalors un certain mouvement des épaules qui vous émeut