XXV
Connais-tu le pays où fleurit l’oranger
Le fruit d’or est en feu sous le feuillage sombre;
Un air tiède y souffle du ciel bleu;
Le myrte y croit paisible et le laurier superbe.
Oh! le connais-tu bien?
Partons! partons!
Je veux, mon bien-aimé, le revoir avec toi.
. Oui, mais ne voyage pas au commencement
d’août, où l’on est rôti par le soleil pendant le jour, etmangé la nuit par les puces. Et puis je te conseille aussi,cher lecteur, de ne pas aller de Vérone à Milan par ladiligence.
Je partis en compagnie de six bandits dans un lourdcarrosse, qui, en raison d’une poussière trop intense,resta si soigneusement fermé de tous côtés, que je nepus guère observer la beauté du pays. Deux fois seule-ment, avant (l’arriver à Brescia, mon voisin ouvrit lalucarne latérale pour cracher. La première fois, je visquelques sapins suants qui, dans leur sombre Habitd’hiver, semblaient beaucoup souffrir de la chaleur dece soleil dévorant; la seconde fois, j’aperçus un coin de