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2 (1861)
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90 œilVRES DE HENRI HEINE.

lac admirablement bleu se miraient le soleil et unmaigre grenadier. Celui-ci, Narcisse autrichien, admi-rait avec une joie denfant comme sa ressemblance étaitfidèle dans ce miroir, quand il présentait ou portaitlarme, et quand il mettait en joue.

Je nai que peu de choses à dire sur Brescia même,parce que jy employai à faire un bon dîner le temps demon séjour. On ne peut en vouloir à un pauvre voya-geur dapaiser la faim du corps avant celle de lesprit.Cependant je fus assez consciencieux, avant de remonteren voiture, pour demander au cameriere quelques ren-seignements sur Brescia, et jappris entre autres que laville avait quarante mille habitants, un hôtel de ville,vingt et un cafés, vingt églises catholiques, une maisonde fous, une synagogue, une ménagerie, une maisonde correction, un hôpital, un assez mauvais théâtre,et un gibet pour les voleurs qui volent au-dessous de100,000 thalers.

Jarrivai à minuit à Milan, et descendis chez M. Reich-mann, Allemand qui a établi son hôtel tout à fait sur lepied allemand. Quelques compatriotes que jy retrouvaime dirent que cétait le meilleur hôtel de toute lItalie, etne se lassaient pas de mal parler des puces et des auber-gistes italiens. Je retrouvai dans cet hôtel Reichmannune ancienne connaissance anglaise, un mister Liver quejavais laissé comme un jeune veau à Brighton et que jeretrouvais alors bœuf à la mode à Milan. Il était tout à faithabillé en dandy, et je nai jamais vu dhomme qui sût