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ŒUVRES L'E HENRI HEINE.
imagés (lu miroir avec les objets eux-mêmes, qu’il envient au point d’accorder au miroir la force créatrice,la puissance de créer des objets semblables. Un M. Ec-kermann a écrit sur Goethe un livre, dans lequel il assurefort sérieusement que si le bon Dieu, lors de la création,avait dit à Goethe : — « Mon cher Goëthe, j’ai fini, grâceà Dieu j j’ai tout créé à l’exception des oiseaux et desarbres ; lu me rendrais un vrai service d’ami si tuvoulais créer à ma place ces bagatelles. » — Goëtheaurait, tout aussi bien que le bon Dieu, créé ces animauxet ces plantes tout à fait dans l’esprit du reste de la créa-tion, c’est-à-dire les oiseaux avec des plumes et les arbresavec de la verdure.
Il y a de la vérité dans ces paroles, et pour moi, jepense que Goëthe aurait quelquefois fait son affairemieux encore que le bon Dieu, et qu’il aurait par exemplecréé M. Eckermann bien plus complet, c’est-à-dire avecdes plumes et de la verdure tout ensemble. C’est vrai-ment une faute de création qu’il ne pousse pas desplumes vertes sur la tête de M. Eckermann, et Goëthe acherché du moins à remédier à cette défectuosité, encommandant pour lui un bonnet de docteur à Iena, eten le lui plantant de sa main sur la tête.