XXIV
Connais-tu le pays où fleurit l'oranger?
Connais-tu cette romance? L’Italie y est représentée,mais avec les couleurs soupirantes du désir. Goëthe l’achantée plus complètement dans le Voyage en Italie; etquand il peint, il a toujours l’original sous les yeux, et l’onpeut se fier à lui pour la fidélité des contours et de la cou-leur. Je trouve donc plus commode de renvoyer une foispour toutes au Voyage de Goëthe, d’autant plus qu’il afait le même trajet par le Tyrol jusqu’à Vérone. J’ai déjàparlé précédemment de ce livre avant d’avoir connu parmoi-même le sujet qu’il traitait, et je trouve complète-ment justifiés aujourd’hui mes pressentiments de critique.Nous y voyons en effet partout les choses prises sur lefait, et la docile tranquillité de la nature. Goëthe lui pré-sente un miroir, ou, pour mieux dire, il est lui-mêmece miroir de la nature. Voulant savoir quel air elle avait,la nature créa Goëthe. Il lui a été donné de réfléchir jus-qu’à ses pensées, jusqu’à ses sensations, et l’on ne peuten vouloir à un chaud partisan de Goëthe, surtout dansla canicule, de s’établir tellement sur l’identité des