Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
81
Einzelbild herunterladen
 

ÎIEISEBILDEU.

81

V

*n~-

"*s

V

'Pfatüï

itodetoi Ih*

fa*®

4. pert-Lepeck;-

RWI»

iMfi?

lafaF'

u*®* 1

r«W*

km*'-

dff***

i*f

découvrons partout sexprime leur vie privée; etHerculanum et Pompeï, ces palimpsestes de la nature, reparaît aujourdhui le vieux texte de pierre, mon-trent au voyageur la vie privée des Romains dans depetites maisons à chambrettes étroites, qui contrastentdune façon si surprenante avec ces monuments co-losses, expression de leur vie publique, ces théâtres, cesaqueducs, ces fontaines, ces routes, ces ponts dont lesruines nous jettent encore aujourdhui dans la stupéfac-tion. Mais, ainsi que le Grec est grand par lidée de lart,lHébreu par lidée de son Dieu, les Romains sont grandspar lidée de leur Rome éternelle, grands partout ilsont combattu, écrit, édifié sous linspiration de cetteidée. Plus Rome devint grande, plus cette idée sagran-dit; lindividu sy perdit, et les grands dont on voit en-core la tète ne sont élevés que par cette idée, et ellerend plus remarquable encore la petitesse des infinimentpetits. Cest pourquoi les Romains ont été tout à la foisles plus grands héros et les plus grands satiriques;héros quand ils agissaient en pensant à Rome, satiriquesquand ils pensaient à Rome en jugeant les actions deleurs contemporains. Comparée à lidée de Rome, me-sure gigantesque, la plus grande individualité devaitnécessairement paraître chétive, et devenir ainsi matièreà raillerie. Tacite est le maître le plus cruel dans cettecette sorte de satire, par cela même quil sentait le plusprofondément la grandeur de Rome et la petitesse deshommes. Il est tout à fait dans son élément quand il

ii.