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ŒUVRES PE HENRI HEINE.
peut rapporter les raisonnements que faisaient sur quel-qu’infamie impériale les mauvaises langues du Forum;il est au comble d’un bonheur colérique quand il a àraconter quelque malencontre sénatoriale, par exempleune llagornerie tombée à plat.
Je demeurai longtemps encore me promenant autourde l’amphithéâtre, sur les bancs les plus élevés, rétro-gradant en esprit dans le passé. Comme tous les édificesrévèlent avec le plus d’évidence, au crépuscule du soir,l’esprit qui les habile, ces murs me dirent aussi dansleurs fragments de style lapidaire les choses les plusprofondes; ils me parlèrent des hommes de Rome an-tique, et il me sembla que je les voyais eux-mêmeserrer, ombres blanchâtres, au-dessous de moi dans lecirque obscur. Je crus apercevoir les Gracques avecleurs longs regards de martyrs.— Tiberius Sempronius,criai-je, je voterai avec toi pour la loi agraire. Je visaussi César se promenant bras dessus bras dessous avecMarcus Brutus. —Vous êtes donc réconciliés? deman-dai-je. — Nous croyons tous deux avoir raison, merépondit César en riant; je ne savais pas qu’il existâtencore un Romain, et me crus dès lors autorisé à con-fisquer Rome; et, comme mon fils Marcus était ceRomain, il se crut autorisé à me tuer. Derrière ces deuxombres se glissa Tiberius Néron avec ses jambes vapo-reuses et des mines indécises. J’y vis aussi passer desfemmes, entre autres Agrippine, avec sa belle figureimpérieuse. Elle était admirablement touchante, comme