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ŒUVRES de HENRI HEINE.
pensée à la Falstaff. Si elle contrefaisait seulement lamorte?... Cela serait effroyable!
Quand je visitai l’amphithéâtre, on y jouait justementla comédie. On avait élevé au milieu une petite baraquede bois sur laquelle s’exécutait une farce italienne, etles spectateurs étaient assis au grand air, les uns sur detout petits sièges, d’autres sur les hauts bancs de pierredu vieil amphithéâtre. Moi, j’avais pris place à ce der-nier poste, et je contemplais les rodomontades de Bri-ghella et Tartaglia du même banc d’où jadis le Romainregardait ses combats de gladiateurs et d’animaux fé-roces. Au-dessus de moi, le ciel, dôme de cristal azuré,le même que celui de ce temps d’autrefois! Le crépus-cule s’épaissit insensiblement, les étoiles apparurent,Truffaldino riait, Smeraldina se désolait, puis arrivaenfin Pantalon, qui leur unit les mains. Le peuple ap-plaudit, et se retira tout joyeux. Tous ces jeux n’avaientpas coûté une goutte de sang; mais ce n’était qu’un jeu.Les jeux des Romains, au contraire, n’étaient pas desjeux. Ces hommes ne purent jamais s’amuser de lasimple apparence, il leur manquait pour cela la jovialitéenfantine de l’âme, et, sérieux comme ils étaient, le sé-rieux le plus comptant, le plus sanglant se manifestaitaussi dans leurs divertissements. Ce n’étaient pas degrands hommes; mais leur position les faisait plusgrands que les autres enfants de la terre, car ils étaientdebout sur Rome. Quand ils descendaient des sept col-lines, ils étaient petits. De là cette petitesse que nous