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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
sein, qu’il semblait plutôt trahir que cacher les formes.Les servantes portaient des chignons traversés par uneou plusieurs flèches d’or, ou par une petite baguetted’argent à tête de gland. Les paysannes avaient pour laplupart de petits chapeaux de paille en forme d’assiette,avec des fleurs coquettes, relevés sur un côté de la tête.L’habillement des hommes s’éloignait moins du nôtre.Je fus seulement surpris par les énormes favoris noirsqui sortaient en bouquet des cravates, et que je voyais làpour la première fois.
Mais en observant de plus près ces gens, hommes etfemmes, on découvrait sur leurs figures et dans toutleur être les traces d’une civilisation qui diffère de lanôtre, en ce qu’elle n’est pas sortie de la barbarie dumoyen âge, mais de l’époque romaine, civilisation quin’a jamais été détruite, et n’a fait que se modifier selonle caractère des maîtres successifs du pays. La civilisa-tion chez ces hommes n’a pas un poli remarquablementneuf comme chez nous, où les troncs de chêne sontrabotés d’hier, et où tout sent encore le vernis. Il sem-ble que toute cette cohue de la Piasza-delle-Erbe n’afait que changer peu à peu, dans le cours des temps, lacoupe de ses habits et la forme de son langage, et quel’esprit de ses mœurs raffinées soit resté à peu près lemême. Quant aux édifices qui entourent cette place, ilsne pouvaient si facilement marcher avec le temps, maisils n’en sont pas plus mal pour cela, et leur aspect émeutl’âme d’une manière étrange. Il y a là, sur la place, de