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2 (1861)
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75
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lisible, vu que mainte peuplade germanique ne savaitpas encore écrire, et quil lui fallait recourir à la des-truction pour laisser un souvenir: cela suffisait certai-nement, car ces ruines parlent plus clairement encoreque des caractères élégamment tracés. Les barbares quioccupent de nos jours lantique hôtellerie ne manque-ront pas de laisser de semblables monuments de leuraimable présence, car ils ne possèdent pas des sculp-teurs et des poètes qui pourraient les recommander à lamémoire de la postérité par des moyens plus civilisés.

Je ne demeurai quun jour à Vérone, mais dans unecontinuelle admiration de toutes ces choses inouïesqui soffraient à mon regard. Je restais immobile tantôtdevant les édifices antiques, tantôt devant les hommesqui fourmillaient au travers avec un mystérieux em-pressement, puis enfin devant ce ciel dun bleu divinqui enfermait comme un cadre précieux cet admi-rable ensemble, et en faisait un tableau. Mais il estcurieux de faire soi-même partie du tableau quon vientde considérer, et den voir les figures vous sourire,surtout les femmes, comme cela marriva agréablementsur la Piazza-delle-Erbe, cest-à-dire le marché auxlégumes. Il y avait foule de délicieuses figures,femmes et filles, figures aux grands yeux languissants,corps charmants et fort habitables, dun jaune piquant,naïvement sales, créés plutôt pour la nuit que pour lejour. Le voile noir ou blanc que les femmes de la villeportent sur la tête, était jeté avec tant dart autour du