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2 (1861)
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et dont les cheveux, blancs comme la neige, contras-taient tristement avec son chant bouffe et ses soubre-sauts extravagants. Cest déjà une chose affligeantequun vieillard soit contraint, par le besoin, à vendre lerespect quon doit à ses cheveux blancs, et à se fairebateleur ; mais combien cela est plus affligeant encorequand il se dégrade ainsi en présence de son enfant, oumême de moitié avec elle! Cette jeune fille appartenaitau vieux bouffe, elle accompagnait avec la harpe lescharges les plus indignes de son père, ou bien, quittantsa harpe, chantait avec lui quelque duo comique ilprenait le rôle dun vieux fat amoureux, et elle celui deson amante jeune et coquette; quon imagine, en outre,quelle paraissait à peine adolescente, et quil semblaitquon eût fait de cette enfant, avant quelle fût parvenueà lâge nubile, une femme, et une femme peu modeste.De cette flétrissure, ces pâles couleurs, cette tristessefiévreuse sur ce beau visage, dont les formes empreintesde fierté repoussaient en même temps toute compassioninquiète; de le chagrin secret de ses yeux, qui bril-laient avec une intention si agaçante sous leurs noirsarcs triomphe; de laccent profondément doulou-reux de sa voix, qui contrastait si mystérieusement avecla belle bouche souriante d il séchappait; de ladélicatesse maladive de ces membres étiolés, quunepetite robe de soie bien courte, à peu près violette, cou-vrait aussi bas que possible. Des rubans de satin de cou-leurs bien tranchantes voltigeaient sur un vieux chapeau