REISEBILDER.
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et dont les cheveux, blancs comme la neige, contras-taient tristement avec son chant bouffe et ses soubre-sauts extravagants. C’est déjà une chose affligeantequ’un vieillard soit contraint, par le besoin, à vendre lerespect qu’on doit à ses cheveux blancs, et à se fairebateleur ; mais combien cela est plus affligeant encorequand il se dégrade ainsi en présence de son enfant, oumême de moitié avec elle! Cette jeune fille appartenaitau vieux bouffe, elle accompagnait avec la harpe lescharges les plus indignes de son père, ou bien, quittantsa harpe, chantait avec lui quelque duo comique où ilprenait le rôle d’un vieux fat amoureux, et elle celui deson amante jeune et coquette; qu’on imagine, en outre,qu’elle paraissait à peine adolescente, et qu’il semblaitqu’on eût fait de cette enfant, avant qu’elle fût parvenueà l’âge nubile, une femme, et une femme peu modeste.De là cette flétrissure, ces pâles couleurs, cette tristessefiévreuse sur ce beau visage, dont les formes empreintesde fierté repoussaient en même temps toute compassioninquiète; de là le chagrin secret de ses yeux, qui bril-laient avec une intention si agaçante sous leurs noirsarcs dé triomphe; de là l’accent profondément doulou-reux de sa voix, qui contrastait si mystérieusement avecla belle bouche souriante d’où il s’échappait; de là ladélicatesse maladive de ces membres étiolés, qu’unepetite robe de soie bien courte, à peu près violette, cou-vrait aussi bas que possible. Des rubans de satin de cou-leurs bien tranchantes voltigeaient sur un vieux chapeau