Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
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51
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Mon mauvais italien fit quelle me prit dabord pourun Anglais, mais je lui avouai que je nétais quAlle-mand. Alors elle me fit une foule de questions géogra-phiques, économiques, hortologiques et climatériquessur lAllemagne, et sémerveilla quand je lui avouai en-core que les citrons ne poussaient pas chez nous, quenous étions obligés, pour faire le punch, de presser très-tort le peu de citrons qui nous venaient dItalie, et que,par désespoir, nous en remplacions le jus par du rhum. Hélas, ma chère dame, lui dis-je, il fait froid et hu-mide dans notre pays; notre été nest quun hiver badi-geonné en vert, le soleil même est forcé de porter cheznous un gilet de flanelle, sil ne veut se refroidir. Sousces rayons jaunes de flanelle, nos fruits ne peuvent venirà point; ils ont lair pâle et malheureux, et, entre noussoit dit, les seuls fruits mûrs que nous ayons sont despommes cuites. Quant aux figues, il nous faut, commeles citrons et les oranges, les tirer des pays étrangers,et la longueur du voyage les rend sottes et farineuses ;nous ne pouvons recevoir fraîche et de première mainque la plus mauvaise espèce, et celle- est si amère,que celui qui la reçoit gratis vous intente une plainte envoie de fait. En un mot, tous les fruits de qualité nousmanquent, et nous ne possédons que les groseilles àmaquereau, les poires, les noisettes, les prunes longues,et autre semblable populace.