REISEB1LDER.
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On ne s’en peut faire aucune idée dans notre Allemagneprotestante du Nord, où les églises ne sont point bâtiesd’une manière aussi confortable, où la lumière se lancesi insolemment par nos rationnelles vitres sans images,où même la froide abstraction des prêches ne protègepoint suffisamment contre la chaleur. Qu’on dise cequ’on voudra, le catholicisme est une bonne religiond’été. On est bien étendu sur les bancs de ces vieillescathédrales, on y goûte une piété fraîche, un saint dolcefar niente, on prie, on rêve et l’on pèche en pensée; lesmadones dans leurs niches ont pour nous des regards simiséricordieux ; leur cœur de femme vous pardonnemême quand on a mêlé leurs traits divins à des rêveriespécheresses; et, pour le surplus, on a dans un coin, encas de nécessité, un établissement en bois brun, àl’usage de la conscience, où l’on peut se soulager de sespéchés.
Un jeune moine, à mine sévère, était assis dans unesemblable boutique. Le visage de la dame qui lui con-fessait ses péchés m’était dérobé, partie par son voileblanc, partie par la planche latérale du confessionnal;pourtant une main se montrait en dehors dont la vuem’arrêta. Je ne pouvais cesser de regarder cette main;le réseau azuré des veines et l’éclat délicat des doigtsblancs m’étaient bien singulièrement connus, et toute lapuissance de rêverie de mon âme fut en mouvementpour imaginer une figure qui pût appartenir à cettemain. C’était une bien belle main, et non, comme on en