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2 (1861)
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REISEBILDEK.

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nest-il au fond quun songe , et jaurais de bon cœurdonné un thaler pour un soufflet de femme, seulementpour apprendre si jétais éveillé ou endormi.

Peu sen fallut que je neusse cet article à meilleurcompte, quand je me heurtai contre la grosse vendeusede fruits, au coin du marché ; mais elle se contenta demengueuler avec force jurons, et je pus alors me con-vaincre que je me trouvais dans la réalité la plus réelle,au milieu de la place publique de Trente, près de lagrande fontaine dont les tritons et les dauphins de cuivrelançaient dune manière fort appétissante leur eau clairecomme de largent. A gauche, était un vieux palazzodont les murs étaient peints de figures allégoriques ba-riolées, et sur la terrasse on exerçait à lhéroïsme quel-ques soldats autrichiens; à droite, une petite maisongotho-lombarde dun goût capricieux, dans lintérieurde laquelle une voix fraîche et légère de jeune fille fre-donnait si gaiement, si hardiment, que les murs crevassésen tremblaient de plaisir ou de vieillesse; au-dessussavançait, hors dune fenêtre en ogive, une chevelurenoire, frisée, tortillée comme un labyrinthe, frisure decomédienne, sous laquelle sallongeait un visage maigreet.durement caractérisé, qui nétait fardé que sur lajoue gauche, et ressemblait ainsi à une omelette cuitedun seul côté. Devant moi sélevait le dôme antique,ni grand,ni sombre, barbon riant, vieilli à point, aimableet engageant.