UEISEBILDEH.
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montagnes, qui, telles que des dieux éternellementjeunes, jettent des regards de pitié sur l'Ccuvre ruinéedes humains. Cassé et ruiné, se repose tout à côté lefier château qui dominait autrefois la ville, fabuleuxédifice d’un temps fabuleux, avec ses flèches, ses sail-lies, ses créneaux, et une grosse tour ronde, qui n’a plusaujourd’hui d’autres habitants que les hiboux et desinvalides autrichiens. La ville aussi est bâtie d’une ma-nière fabuleuse, et l’on est singulièrement ému à lapremière vue de ces vieilles maisons lombardes, avecleurs fresques éteintes, leurs images de saints mutilées,leurs petites tours, leurs guérites, leurs petites fenêtresgrillées, et ces frontons avancés, disposés en estrade,soutenus par des piliers grisonnants et affaiblis par l’âge,lesquels auraient eux-mêmes besoin d’appui. Un telaspect serait trop douloureux, si la nature ne couvraitd’une vie nouvelle ces pierres mortes, si des vignes gra-cieuses ne serraient de leurs bras tendres et caressantsces piliers,chancelants, comme la jeunesse soutient lavieillesse, et surtout si des visages de jeunes filles, plusgracieuses encore, ne se tenaient aux aguets derrièreles sombres arceaux de ces fenêtres, et ne riaient del’Allemand nouveau débarqué, qui va, comme un rê-veur somnambule, trébuchant à travers ces ruines fleu-rissantes.
J’étais réellement comme dans un rêve, dans un rêveoù l’on cherche à se rappeler ce que l’on a déjà rêvéune fois. Je regardais tour à tour les maisons et les