XII
A mesure que le soleil rayonnait toujours plus beauet plus puissant clans l’immensité des deux, et envelop-pait de voiles d’or châteaux et montagnes, il faisaitaussi plus chaud et plus clair dans mon cœur; monsein se remplissait de nouveau de fleurs, dont la poussevigoureuse se faisait jour au dehors, et dépassait matête, et, au milieu de ces fleurs de ma fantaisie, s’éleyaitencore la belle fileuse et son céleste sourire. Bercé parde tels rêves, rêve moi-même, j’arrivai en Italie; etcomme, pendant la route, j’avais déjà souvent oubliéque je m'y rendais, je fus presque effrayé quand je metrouvai tout d’un coup face à face avec ces grandsyeux italiens, et que la vie italienne, avec ses mille etmille couleurs, accourut en personne, brûlante et babil-larde, au-devant de moi.
Et cela m’arriva dans la ville de Trente, où j’entraipar une belle après-midi de dimanche, à l’heure oùde chaleur tombe et où les Italiens se relèvent pourcourir par les rues. Cette ville, vieille et cassée, est as-sise au milieu d’un large cercle de vertes et fraîches