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2 (1861)
Entstehung
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V

Tirily! lirily! je vis, je sens la douce souffrance delexistence, je sens toutes les joies et toutes les peinesdu monde, je souffre pour le salut de tout le genre hu-main, jexpie ses péchés, mais jen jouis aussi.

Et ce nest pas seulement avec les hommes, cest en-core avec les plantes que mes sentiments sont sympa-thiques; celles-ci me racontent, avec leurs mille languesvertes, les plus charmantes histoires. Elles savent que jenai pas un orgueil dhomme, et que jai autant de plaisirà parler avec les humbles fleurs des prairies quavec lessapins les plus élevés. Hélas! je ne sais que trop ce quilen est de ces superbes sapins ! Ils sélancent du fondde la vallée jusquaux nuages, et dépassent presque lescimes des granits les plus hardis : mais combien duretoute cette grandeur? Tout au plus quelques misérablessiècles, après quoi ils tombent accablés de vieillesse etnont plus quà pourrir sur le sol. Puis, pendant la nuit,les hiboux sortent silencieusement de leurs crevasses,et viennent ajouter linsulte au malheur:Voyez ! sapinsqui étiez si forts, vous avez cru pouvoir vous mesurer