de l’allkmagne. 3i5
ces deux caractères se trouvaient avec le sien.
La nature de Goethe était belle, celle deHerder élevée. Herder était profondémentremué par l’esprit de son temps. Il le portaiten lui, le précédait, et l’a imprimé commesceau à ses écrits. 11 voulait fonder un empirede formation morale. Il recueillait avec unjoyeux empressement, comme un trésor perdu,toute grandeur et toute beauté dans toutes lesl’égions du ciel et du temps, pour en douerla pauvre humanité chérie , son doux huma-nus, image de Dieu noircie avec le temps, etlui rendre l’éclat perdu de l’Eden. Tout cequ’entreprenait Herder avait un but humainet élevé. Qui pouvait contempler une tellevocation sans respect et sans amour? Il détes-tait les livres , mais il en écrivait, ajouta, enplaisantant, Wieland, toujours attaché àHerder , un jour qu’il était question de cetterépugnance devant Herder lui-même. Il ne me-surait pas , l’aimable poète, la profonde dou-leur que devait causer cette remarque à cenoble écrivain, et il n’appréciait pas toute ladignité de cette souffrance. C’est parce quecette tendance pratique était et devait rester