LE LIVRE DE LAZARE. 381
la chose avec soin, nous n’avons pas du tout besoind’empereur.
Pourtant, si vous voulez à toute force un empire, s’ilvous faut absolument un empereur, ô chers Allemands,ne vous laissez pas séduire par l’esprit et la gloire.
Ne choisissez pas un patricien, choisissez quelqu’unde la plus basse plèbe. 11 ne faut élire ni le lion ni lerenard, mais le plus stupide des moutons.
Il faut élire le fils de Colonia', le Cobès de Co-logne. Dans l’ordre de l’imbécillité, celui-là est presqueun génie. Ce n’est pas lui qui se moquera de sonpeuple.
Un soliveau est toujours le meilleur des monarques,Ésope l’a montré dans sa fable : il ne nous mange pas,nous autres pauvres grenouilles, comme la cigogne avecson long bec.
Soyez sûrs que Cobès ne sera pas un tyran, ce ne serani un Néron ni un Holopherne : ce n’est pas un cœurcruel à l’antique, c’est un cœur doux, un cœur de sotmoderne.
L’orgueil des boutiquiers a dédaigné ce cœur, maisfinfortuné s’est jeté dans les bras des ilotes du travail,et il est devenu parmi eux la fleur des pois.
Les frères du compagnonnage ont pris Cobès pourprésident. Il a partagé avec eux leur dernier morceau