ROMANCERO.
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navires , par des radeaux , par des ponts assis sur despilotis gigantesques; des îlots forment des gués.
Avant le lever du soleil, les Espagnols se mirent enmarche; peint de roulement de tambour , point detrompette pour sonner le réveil.
Ils ne voulaient pas priver leurs hôtes des douceursdu sommeil (cent mille Indiens campaient dans Mexico).
Mais cette fois les Espagnols comptaient sans leurshôtes; les Mexicains s’étaient levés encore plus matinqu’eux.
Sur les ponts, sur les radeaux, sur les îlots, ils atten-daient le moment de leur faire boire le coup de l’étrier.
Sur les ponts, sur les radeaux, sur les îlots, ah!quelle folle bacchanale! rouge et par flots coulait lesang, et les hardis buveurs luttaient,
Luttaient serrés corps à corps, et sur maintes poi-trines nues des Indiens on voyait empreintes les arabes-ques des cuirasses espagnoles.
C’était un étranglement, un égorgement, une bou-cherie qui s’étendait avec lenteur, avec une effroyablelenteur, sur les ponts, sur les radeaux, sur les îlots.
Les Indiens chantaient, hurlaient, rugissaient; lesEspagnols tuaient en silence ; ils avaient à conquérir pasà pas le chemin de leur luite.