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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Les Espagnols , il est vrai, repoussèrent bravementchaque assaut; mais chaque jour le fort était cerné denouveau, et la lutte devenait fatigante.
Après la mort du roi, on cessa aussi de faire passerdes vivres dans le fort; les rations devinrent plus cour-tes et les visages plus longs.
Et les tils de l’Espagne se regardaient les uns les au-tres avec de longues mines piteuses ; et ils soupiraient,et ils pensaient à leur chère patrie chrétienne;
Ils pensaient à leur bien-aimé pays, où résonnent lescloches pieuses et où cuit gaiement au feu de l’âtre unealla podrida,
Vigoureusement farcie de garbanzos, au milieu des-quels se cachent, exhalant leur odeur friponne et riantsous cape, les chers petits saucissons à bail.
Le chef tint un conseil de guerre, et la retraite fut dé-cidée; le lendemain, dès la première aube, l’arméequittera la ville.
Il n’avait pas eu de peine jadis à entrer par ruse, lerusé Cortez ; mais le retour sur la terre ferme offrait desdifficultés terribles.
Mexico, la ville insulaire, est située au milieu d’unlac immense, entourée partout de flots mugissants; c’estune fière forteresse avec des remparts d’eau,
Et ne correspondant avec le bord du lac que par des