ROMANCERO.
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Ces héros aimés du peuple, avec leurs actions cheva-leresques, leurs bizarres aventures et leurs combatscontre les magiciens et les démons; tout cela capricieu-sement encadré d’arabesques et de fleurs fantastiques.
L’ensemble formait un tableau vivant et grandiose,splendide de couleurs, fleuri, éclatant, et comme inondédes rayons célestes de la lumière sacrée d’Iran,
Lumière primitive, pure et divine, dont le derniertemple de feu, malgré les anathèmes du koran et dumufti, flambloyait inaltérable dans le cœur du poëte.
Lorsque l’œuvre fut achevée, le poëte envoya à sonauguste protecteur le manuscrit du poème, qui conte-nait deux cent mille vers. —
Ce fut dans une salle des bains, des bains chauds deGasna, que les noirs envoyés du shah rencontrèrent Fir-dusi —
Chacun d’eux traînait un lourd sac rempli d’espècessonnantes, qu’il déposa' en s’agenouillant aux pieds dupoète; c’étaient les honoraires du grand poème.
Le poète ouvrit précipitamment les sacs, pour rafraî-chir son âme par la vue de l’or, par l’aspect de ce noblemétal dont il avait si longtemps enduré la privation ; —mais il resta stupéfait —
Il s’aperçut que le contenu des sacs n’était que de l’ar-