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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
LE POETE PERSAN FIRDUSI.
I
Il y a des hommes d’or, il y a des hommes d argent !Lorsqu’un gueux parle de thomans, il n’est question qued’argent, c’est des thomans d’argent qu’il veut dire.
Mais dans la bouche d’un prince, d’un shah, un tho-man doit être d’or toujours; un shah ne reçoit et nedonne que des thomans d’or.
Ainsi pensent bien des braves gens, ainsi pensait éga-lement Firdusi, l’auteur du célèbre et divin livre duShah Nameh.
Il écrivit ce grand chant héroïque pour obtempéreraux ordres du shah, qui lui avait promis un thoman pourchacun de ses vers,
La rose fleurit seize fois et se fana seize fois, et le ros-signol la chanta et redevint muet seize fois —
Et pendant ce temps, le poète restait assis nuit et jourdevant son métier de tisserand de la pensée, et il tissaitle tapis gigantesque de son poëme —
Tapis gigantesque, dans lequel il entrelaça merveil-leusement la chronique fabuleuse de sa patrie, l’antiquehistoire des rois de Farsistan
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