ROMANCERO.
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mes pieds , et appuyaient comme pensives, leur gen-tille petite tête sur mes genoux.
Elles fredonnaient alors et roucoulaient des balladesdanoises, ou dessirventes provençales, le plus souventla romance des trois oranges ; ou bien elles entonnaientavec une gravité bouffonne une ode à la louange demoi-même et de ma noble figure d’homme.
Par moments, elles interrompaient leurs dithyrambesavec de bruyants éclats de rire, et me faisaient desquestions sur des choses très-scabreuses ; elles me de-mandaient par exemple : « Dis-nous, à quel but le bonDieu a-t-il créé les hommes?
« Est-ce que chacun de vous a une âme immortelle?Cette âme, est-elle de cuir ou de toile gommée? Pour-quoi ceux de votre race sont-ils généralement si lourdset si bêtes?»
Ce que j’ai répondu, je le tais ici ; mais croyez-enma parole, mon âme immortelle n’a jamais été blesséedu bavardage railleur d’une pareille petite nixe.
Les nixes et les elfes sont gracieux et folâtres ; plussérieux sont les esprits de la terre, qui servent et aidentles hommes avec zèle et bonté. J’aimais surtout ceuxqu’on appelle les gnomes.
Ils portent de petits manteaux rouges, longs et bouf-fants; leur mine est honnête, mais craintive et circon-