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(EU Vil ES DE HENRI HEINE.
specte. Je 11e leur fis pas voir que j’avais découvert pour-quoi ils cachent si soigneusement leurs pieds
La cause en est que leurs pieds sont de petites pattesde canard ; et ils s’imaginent que personne n’en a con-naissance. C’est une blessure secrète et profonde, dontje n’ai jamais été capable de me railler.
Mon Dieu! nous tous, de même que ces pauvresnains, n’avons-nous pas tous à cacher quelque chose?Chaque être mortel a sa petite patte de canard, dont ilcroit que le public ignore l’existence. C’est le secret dePolichinelle !
Je 11’ai jamais fréquenté les salamandres, et je n’ap-pris pas grand’chose sur leur vie privée par les autresgénies des bois. La nuit, ils passaient rapidement àmes côtés, d’un air effarouché, et pareils à des ombresluisantes.
Ils sont grêles comme des fuseaux et de stature en-fantine; ils ont de petites vestes et de petits pantalonscollants, de couleur écarlate et brodés d’or ; leur figureest maladive, flétrie et chagrine.
Chacun d’eux porte sur sa petite tête une petite cou-ronne d’or incrustée de rubis ; chacun d’eux s’imagineêtre un roi absolu.
Qu’ils ne brûlent pas dans le feu, c’est, j’en conviens,une fameuse preuve d’habileté et d’adresse; mais ces
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