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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
terrible; le chevreuil savait que je n’étais pas chasseur,et la fée savait que je n’étais pas un ennuyeux logicien.
Quant aux faveurs des fées, il n’y a que les fatsqui en parlent; — mais quel accueil aimable j’ai trouvéprès des autres notabilités de la forêt, je puis le révélersans être taxé d’outrecuidance.
Comme les elfes ont gracieusement voltigé autourde moi ! Ce sont de charmantes personnes, qui babil-lent sans cesse, et qui papillonnent de tous côtés, lé-gères comme l’air. Leur regard, à la fois langoureux etperçant, promet un bonheur doux et mystérieux, maisfatal.
Ils me divertissaient par leurs jeux et leurs danses, etme racontaient des histoires de la cour, entre autres lachronique scandaleuse de la reine Titania.
Quand j’étais assis au bord du ruisseau, l’essaim desnixes, ces bacchantes aquatiques, sortait des flots ensautillant, avec leurs longs voiles argentés et leur verteet flottante chevelure.
Elles pinçaient la mandoline, elles jouaient du vio-lon ; c’était l’air de la fameuse ronde des nixes. Quellespostures fantasques et incroyables! Quelles mélodiesvoluptueuses ! C’était une bondissante frénésie.
Mais quelquefois elles étaient d’humeur moins tapa-geuse, ces belles créatures; alors elles s’asseyaient à
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