ROMANCERO
- Écrit on 1850-51. —
-cso-
ÉLÉGIE ROMANTIQUE.
Dans les jours de ma jeunesse, je portais une couronne de fleurs sur ma tête; ces fleurs brillaientd’un éclat merveilleux, il y avait un charme dans lacouronne.
Cette belle couronne plaisait à tout le monde, maiscelui qui la portait déplut à bien des gens; pour échap-per à la jaune envie des hommes, je m’enfuis dans laverte solitude des bois.
Dans les bois, dans les bois ! C’est là que je pus vivreen liberté avec les esprits et les animaux ; les fées et lesbêtes fauves à superbe ramure m’approchaient sanscrainte.
Ils m’approchaient sans aucune appréhension, ils sa-vaient que mon abord n’était pas chose périlleuse et
16