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Poëmes et légendes
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GER MANIA.

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Le cuir du dos en est déchiré, et les coussins ont étérongés par les teignes.

« Mais va ! lève le coussin qui couvre le siège véné-rable, tu verras une ouverture en forme de cercle, et aufond une sorte de chaudière.

« Cest une chaudière enchantée samalgamentles sucs magiques, et si tu fourres la tête dans louver-ture, tu verras lavenir.

« Tu verras lavenir de lAllemagne sous de flottantesfigures; mais ne teffraie pas si parfois de ce chaos desmiasmes fatals sélèvent jusquà toi. »

Cest ainsi que parla Hammonia, et elle sourit dunétrange sourire. Mais je ne me laissai pas intimider.Plein de curiosité, je me dépêchai de fourrer la tête danscette terrible ouverture.

Ce que jai vu, je ne le révélerai pas. Jai juré de metaire. A peine mest-il permis de dire, ô Dieu! ce que jaisenti.

Je pense encore avec dégoût aux nausées que medonnaient les maudites odeurs de ce maudit avenir;cétait comme un mélange de vieille choucroûte et decuir de Russie.

Quelle horreur, ô mon Dieu, que les parfums qui sé-levèrent ! Cétait comme si lon eût vidé à la fois, lestrente-six fosses qui forment la confédération germa-nique.