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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
les temps primitifs, lorsque je fis ce serment d’aprèsl’antique usage des patriarches.
Je levai la tunique de la déesse, et je mis la main surses hanches, en lui jurant d’être discret et de ne jamais,ni par mes paroles ni par mes écrits, divulguer ce quej’aurais vu.
XXVI
Les joues de la déesse étaient enflammées. Je croisque le rhum lui montait à la tête et gagnait la couronne,et elle me dit d’un ton mélancolique :
— « Je commence à vieillir; je suis née le jour de lafondation de Hambourg. Ma mère était la reine desharengs, ici, à l’embouchure de l’Elbe.
« Mon père fut un grand monarque; on le nommaitCharlemagne. 11 était encore plus puissant et même plushabile que Frédéric le Grand, roi de Prusse.
« Le trône où il s’assit le jour de son couronnementest à Aix-la-Chapelle. Celui dont il se servait la nuit, mamère, ma bonne mère en hérita.
« Ma mère me le donna en mourant. C’est un meublede peu d’apparence, mais pourtant Rothschild m’offri-rait tout son or, que je ne m’en déssaisirais point.
« Le vois-tu? C’est dans ce coin qu’est le vieux siège.