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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Je sais bien ce que dit jadis Saint-Just, au comilé desalut public. Ce n’est pas avec du musc et de l’eau derose que l’on peut guérir la grande maladie sociale.
Mais cependant, ce parfum d’avenir allemand étaitplus fort que tout ce que mon nez avait jamais pres-senti; je ne pus le supporter plus longtemps.
Je perdis connaissance, et lorsque je rouvris les yeux,j’étais encore auprès de la déesse qui appuyait ma têtesur sa large poitrine.
Son œil étincelait, sa bouche était en feu, ses narinesse gonflaient. Comme une bacchante, elle prit le poètedans ses bras, et se mit à chanter avec une extase sauvage :
«Reste avec moi à Hambourg, je t’aime, nous boi-rons le vin, nous mangerons les huîtres du présent, etnous oublierons le sombre avenir.
«Remets le couvercle! Que nulle odeur fétide nevienne troubler notre joie ! Je t’aime comme jamaisfemme n’aima un poète allemand.
« Je t’embrasse, et je sens ton génie me verser lacoupe de l’enthousiasme. Un étrange enivrement s’estemparé de mon âme.
« Qu’est-ce que j’entends chanter? Ce sont les veil-leurs de la cité; ils nous chantent notre épitbalame.c’est la musique de la nuit nuptiale, ô doux compagnonde mon ivresse ! »