ŒUVRES DE HENRI HEINE.
LE RÉVEIL.
Dats le tambour et ne crains rien, et embrasse lavivandière — Voilà toute la science, voilà le sens le plusprofond des livres.
Que ton tambour arrache de son sommeil le mondeendormi ! Bats le réveil avec toute la fougue de ta jeu-nesse ! Marche en avant, toujours tambour battant —Voilà toute la science.
Vodà la philosophie de Hégel, voilà le sens le plusprofond des livres ! — Je les ai compris, parce que jesuis un garçon de moyens et un bon tambour.
LES TISSERANDS SILÉSIENS.
(Écrit après la grande émeute des ouvriers en Silésie, où les troupesprussiennes ont été victorieuses.)
Ces hommes sombres à l’œil sec ne versent pas delarmes; assis devant leur métier, ils chantent en grin-çant les dents: «Vieille Allemagne, nous tissons tonlinceul, nous mêlons à notre tissu mainte malédiction— nous tissons, nous tissons.
« Maudit soit le dieu , lé dieu des heureux à qui nousavons adressé nos prières dans les froides nuits d’hiver