FEUILLES VOLANTES
— Écrites en 1842. —
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LA BARQUE.
Rires et chansons ! Les rayons du soleil étincellent etse jouent sur l’eau. Une barque joyeuse se berce sur lesvagues. J’y étais assis gaiement avec de bons amis.
La barque échoua, éclatant en mille débris. Mesamis étaient de mauvais nageurs ; ils furent brisés contreles écueils de la patrie. Pour moi, la tempête me jetasur les bords de la Seine.
Je me suis embarqué dans un nouveau navire, aumilieu de nouveaux compagnons. Les vagues étrangèresme bercent et m’emportent. Gomme la patrie est loin !Comme mon cœur est serré !
Rires et chansons résonnent de nouveau. Le ventsiffle, les planches craquent, au ciel s’éteint la dernièreétoile. Comme mon cœur est serré ! Comme la patrieest loin !