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Poëmes et légendes
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FEUILLES VOLANTES.

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et dans les longs jours de la famine. Nous avons en vainattendu et espéré ; il nous a trahis, trompés et bernésnous tissons, nous tissons.

a Maudit soit le roi, le roi des riches, dont nous avonsen vain imploré la miséricorde. Il a pressuré de notrepoche le dernier liard, et à présent il nous fait mitraillercomme des chiensnous tissons, nous tissons.

« Maudite soit notre patrie allemande, ce pays neprospère que linfamie et lopprobre, chaque fleur seflétrit avant de sépanouir, tout pue le mensonge etla putréfaction nous tissons, nous tissons.

« La navette vole, le métier craque. Nous tissons lejour, nous tissons la nuit Vieille Allemagne, noustissons ton linceul, nous mêlons à notre tissu maintemalédiction nous tissons, nous tissons. »

A. LOCCASION DE LARRIVÉE DUN AMI.

Ami aux longues jambes, vraies jambes de progrès,pourquoi arrives-tu si effaré ici à Paris? Quelles nou-velles mapportes-tu dau delà du Rhin? La patrie est-elledonc déjà délivrée?

Tout va à merveille. La bénédiction du ciel, unequiétude féconde est répandue sur la patrie ; et lAlle-

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