Druckschrift 
Poëmes et légendes
Entstehung
Seite
172
Einzelbild herunterladen
 

172

ŒUVRES DE HENRI HEINE.

« Tout me fatigue depuis que jai vu, aux rayons desétoiles, ce chevalier inconnu dont la guitare mattirechaque nuit à la fenêtre,

« Avec sa taille svelte et altière, et ses yeux noirs,qui luisent dans son noble et pâle visage, il ressemblevéritablement à saint Georges. »

Ainsi pensait dona Clara, et elle marchait les yeuxbaissés. Lorsquelle releva les yeux, le beau chevalierinconnu se dressa devant elle.

La main dans la main, devisant de propos damour,ils se promenèrent au clair de lune ; le zéphyr les cares-sait amoureusement et les roses leur envoyaient de gra-cieux saluts.

Les roses leur envoyaient de gracieux saluts et secoloraient dune pourpre voluptueuse. « Mais dis-moi , ô ma bien-aimée, pourquoi as-tu si soudainementrougi ? »

«Les cousins me piquaient, ô mon bien-aimé, etles cousins me sont, en été, aussi odieux que si cétaientdes essaims de*Juifs aux longs nez. »

« Laisse les cousins et les Juifs»,répondit le che-valier dune voix caressante. Les amandiers en fleurssèment à terre leurs blancs flocons.

Les blancs flocons des amandiers répandent leurs