Les moines murmurent les prières des agonisants;l’homme au manteau rouge attend, armé de sa hacheétincelante, auprès du noir billot.
Sire Olaf descend le perron de la cour, où luisent destorches et des épées.
Un sourire voltige sur les lèvres vermeilles du cheva-lier, et de sa bouche vermeille et souriante il dit :
«Je bénis le soleil, je bénis la lune et les astres quiétoilent le ciel; je bénis aussi les petits oiseaux qui ga-zouillent dans l’air.
« Je bénis la mer, je bénis la terre et les fleurs quiémaillent les prés; je bénis les violettes, elles sont aussidouces que les yeux de mon épousée.
« O les doux yeux de mon épousée, les yeux couleurde violette, c’est par eux que je meurs! Je bénis aussile feuillage embaumé du sureau sous lequel tu t’es don-née à moi. »
DONA CLARA.
Dans le jardin de son père, aux lueurs du soir, la fillede l’alcade se promène ; des bruits de trompettes et decymbales arrivent du château.
« Qu’elles sont fastidieuses, ces danses et ces doucesflatteries! et qu’ils sont ennuyeux aussi, ces chevaliersqui me comparent galamment au soleil !