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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
que je creuse, c’est ta tombe ! » Et comme la belle jeunefille parlait ainsi, je vis s’ouvrir la fosse toute béante.
Et comme j’y jetais un regard, un frisson de terreurméprit, et je me sentis poussé dans l’épaisse nuit dutombeau.
' LES COMPLIMENTS.
Je me vis, l’autre nuit, dans un rêve, en habit noir eten gilet de satin, avec des manchettes, comme unhomme qui va à un bal de noces ; et tout à coup se tintdevant moi ma douce et chère maîtresse. Je m’inclinaiet je dis : « Êtes-vous la mariée? S’il en est ainsi,recevezles sincères compliments de votre très-humble ser-viteur. »
Mais ce ton de froide politesse m’étranglait. Un tor-rent de larmes s’échappa des yeux de ma bien-aimée,et la gracieuse image se fondit en des flots de pleurs.O doux yeux, saintes étoiles d’amour, qui m’avez trompéjour et nuit, soit éveillé , soit en rêve, je vous croiraitoujours quand je vous vois pleurer.
LA NOCE.
Qu’est-ce qui agite et fouette mon sang? Qu’est-ce quiallume en mon cœur une ardeur furieuse? Mon sangbouillonne, écume et fermente, une ardeur furieuseconsume mon cœur.