elle chantait un refrain bizarre : « Acier clair, acier bril-lant ! taille-moi du bois pour des planches solides. »
Je m’approchai d’elle et je lui dis tout bas : « Ap-prends-moi, douce et belle jeune fille, pourquoi tu taillesce bois de chêne ? »
Elle dit aussitôt : « Le temps presse; c’est ton cercueilque je construis !» Et à peine elle eut parlé, que toutecette image, tout autour de moi s’évanouit.
Et au loin et au large s’étendit une lande pâle etchenue ; je ne savais plus ce qui m’était arrivé, je metins là, immobile et frissonnant.
Et comme j’errais au hasard, j’aperçus une formeblanche; je courus de ce côté, et voilà que je reconnusencore la belle jeune fille.
Elle était penchée sur la pâle lande et s’occupait àcreuser la terre avec une pioche. Je m’avançai lente-ment pour la regarder encore; elle était à la fois unebeauté et une épouvante.
La belle jeune fille, en se hâtant de bêcher, chantaitun refrain bizarre : « Pioche, pioche, au fer tranchant,creuse une fosse large et profonde.»
Je m’approchai d’elle et je lui dis tout bas : « Ap-prends-moi donc, ô douce et belle jeune fille, ce quesignifie cette fosse ? »
Elle me répondit bien vite: « Sois tranquille, la fosse