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Poëmes et légendes
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112
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

442

Je marrêtai au carrefour et je soupirai ; la nuit étaitfroide et muette. Au clair de la lune, se balançait lente-ment la fleur de lâme damnée.

LYII

«

Dépaisses ténèbres menveloppent depuis que lalumière de tes yeux ne méblouit plus, ma bien-aimée.

Pour moi sest éteinte la douce clarté de létoiledamour; un abîme souvre à mes pieds : engloutis-moi,nuit éternelle !

LVIII

La nuit sétendait sur mes yeux, javais du plomb surma bouche ; le cœur et la tête engourdis, je gisais aufond de la tombe.

Après avoir dormi je ne puis dire pendant combien detemps je méveillai, et il me sembla quon frappait à montombeau.

« Ne vas-tu pas te lever, Henri? Le jour éternelluit, les morts sont ressuscités : léternelle félicité com-mence. »

« Mon amour, je ne puis me lever, car je suis tou-jours aveugle; à force de pleurer, mes yeux se sontéteints.»

« Je veux par mes baisers, Henri, enlever la nuitqui te couvre les yeux ; il faut que tu voies les anges etla splendeur des cieux. »