ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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Je m’arrêtai au carrefour et je soupirai ; la nuit étaitfroide et muette. Au clair de la lune, se balançait lente-ment la fleur de l’âme damnée.
LYII
«
D’épaisses ténèbres m’enveloppent depuis que lalumière de tes yeux ne m’éblouit plus, ma bien-aimée.
Pour moi s’est éteinte la douce clarté de l’étoiled’amour; un abîme s’ouvre à mes pieds : engloutis-moi,nuit éternelle !
LVIII
La nuit s’étendait sur mes yeux, j’avais du plomb surma bouche ; le cœur et la tête engourdis, je gisais aufond de la tombe.
Après avoir dormi je ne puis dire pendant combien detemps je m’éveillai, et il me sembla qu’on frappait à montombeau.
— « Ne vas-tu pas te lever, Henri? Le jour éternelluit, les morts sont ressuscités : l’éternelle félicité com-mence. »
— « Mon amour, je ne puis me lever, car je suis tou-jours aveugle; à force de pleurer, mes yeux se sontéteints.»
— « Je veux par mes baisers, Henri, enlever la nuitqui te couvre les yeux ; il faut que tu voies les anges etla splendeur des cieux. »