DE L’ALLEMAGNE.
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Pour moi, je voudrais perdre l’habitude de laparole pour ne plus m’exprimer qu’en dessinset en formes, comme la nature artistique. Cefiguier, ce petit serpent, le cocon qui est de-vant la fenêtre et attend son avenir, tout celace sont dessymboles d’une haute signification.Oui, celui qui pourrait en déchiffrer le sensexact, serait bientôt en état de se passer detoute espèce d’écriture et de parole. Plus j’ypense , et plus je trouve qu’il y a dans le lan-gage parlé quelque chose d’inutile, de désœu-vré , je dirais presque de frivole , tant on estfrappé du sérieux de la nature et de son si-lence, quand on se trouve en teLe-a-tcte avecelle devant un imposant rempart de rochers ,ou dans la solitude d’une vieille montagne.
« Je viens, dit-il en montrant son papier,de dessiner ici une foule de fleurs et de plantesqui sont assez extraordinaires. Pourtant cesvisions pourraient être encore plus fantas-tiques , plus extravagantes ; la question estseulement de savoir si elles n’existent pasquelque part.
« L’ame , en dessinant, chante un morceaude son essence la plus intime, et ce sont véri-tablement les secrets les plus profonds de sa