DF. L ALLEMAGNE.
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devenir un spectre, et comment un spectrepourrait-il exister à Paris ? à Paris, dans lefoyer de la société européenne ! Entre minuitet une heure, qui est, de toute éternité, letemps assigné aux spectres, la vie la plus animéese répand encore dans les rues de Paris ; c’esten ce moment que retentit à l’Opéra le bruyantfinale; des bandes joyeuses s’écoulent des Va-riétés et du Gymnase , et tout rit et saute surles boulevarls , et tout le monde court auxsoirées. Qu’un pauvre spectre errant se trou-verait malheureux dans cette foule animée ! etcomment un Français, même s’il était mort,pourrait-il conserver la gravité nécessaire pourle métier de revenant, quand la gaieté popu-laire le cernerait de toutes parts ? S’il y avaitréellement des spectres h Paris, je suis con-vaincu que les Français, sociables comme ilsle sont, se lieraient entre eux mêmes commerevenans , qu’on verrait bientôt se former desréunions de spectres , se fonder un café desmorts , une gazette des morts, une Revue deParis morte, et qu’on recevrait des invitationsà des soirées de morts , où l'on fera de la mu-sique.
Je suis certain que les morts s’amuseraient