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6 (1835) De l'Allemagne, 2
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DE LALLEMAGNE.

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des sensations agréables ou pénibles en unmot, le peuple veut être ému. Arnim ne pou-vait pas contenter ce besoin. Ce 11était pas unpoète de la vie, mais de la mort. Dans toutce quil écrit, cest comme un mouvementdombres; les figures sagitent; elles remuentleurs lèvres comme si elles parlaient, maison voit seulement leurs paroles, on 11e les en-tend pas. Ces ligures sautent, courent, se ren-versent sur la tête, sapprochent de nous mys-térieusement, et nous insinuent à loreille quilssont morts. Un tel spectacle serait trop dou-loureux et accablant, nétait la grâce quArnimrépand sur toutes ces compositions , et quiressemble au sourire dun enfant, mais dunenfant mort. Arnim sait peindre lamour, quel-quefois aussi la sensualité, mais nous ne pou-vons sentir ces choses avec lui ; nous voyonsde belles formes, des seins agités , des hanchesarrondies, mais un froid linceul enveloppetous ces corps. Quelquefois Arnim est causti-que, et lon 11e peut se défendre de rire, maiscest comme si la mort nous chatouillait dubout de sa faucille. Dordinaire, Arnim est sé-rieux, sérieux comme un Allemand mort laveille. Un Allemand vivant est déjà cependant