DE L’ALLEMAGNE.
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des sensations agréables ou pénibles • en unmot, le peuple veut être ému. Arnim ne pou-vait pas contenter ce besoin. Ce 11’était pas unpoète de la vie, mais de la mort. Dans toutce qu’il écrit, c’est comme un mouvementd’ombres; les figures s’agitent; elles remuentleurs lèvres comme si elles parlaient, maison voit seulement leurs paroles, on 11e les en-tend pas. Ces ligures sautent, courent, se ren-versent sur la tête, s’approchent de nous mys-térieusement, et nous insinuent à l’oreille qu’ilssont morts. Un tel spectacle serait trop dou-loureux et accablant, n’était la grâce qu’Arnimrépand sur toutes ces compositions , et quiressemble au sourire d’un enfant, mais d’unenfant mort. Arnim sait peindre l’amour, quel-quefois aussi la sensualité, mais nous ne pou-vons sentir ces choses avec lui ; nous voyonsde belles formes, des seins agités , des hanchesarrondies, mais un froid linceul enveloppetous ces corps. Quelquefois Arnim est causti-que, et l’on 11e peut se défendre de rire, maisc’est comme si la mort nous chatouillait dubout de sa faucille. D’ordinaire, Arnim est sé-rieux, sérieux comme un Allemand mort laveille. Un Allemand vivant est déjà cependant