DE L'ALLEMAGNE.
10,5
n’est qu’après sa mort qu’il obtint une noticebiographique d’un compagnon de l’école. Jecrois que la renommée d’Arnim ne put jamaiss’élever bien haut, parce qu’il était resté en-core beaucoup trop protestant pour ses amis duparti catholique, et parce que, d’un autre côté,le parti protestant le tenait pour un crypto-catholique. Mais pourquoi le public l’a-t-ilrepoussé? le public, pour qui ses romans etses nouvelles se trouvaient placés dans chaquesalon de lecture ? Hoffmann eut le meme sortquant à la presse littéraire. Il ne lut presquepas parlé de lui dans nos gazelles et nos feuillesesthétiques, la haute critique observa un dé-daigneux silence a son égard ; mais toutefois ilfut généralement lu. Pourquoi le public allermand négligea-t-il Àrnim , un écrivain dontl’imagination était si vaste et embrassait tantde choses, dont l’àine était empreinte d’unsentiment si profond , et qui possédait à un sihaut degré le don de peindre? Quelque chosemanquait à ce poète, et ce quelque chose étaitjustement ce que le public cherche dans leslivres, la vie. Le peuple exige que les écri-vains éprouvent avec lui ses passions de tousles jours ; qu’ils lui tirent de leur propre sein