B£ L’ALLEMAGNE.
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veilleux (clés Knaben bVu/iderhorn ), une col-lection de clianls qu’ils ont recueillis en partiede la bouche du peuple, et en partie de feuillesvolantes et de vieux bouquins. Je ne saurais troplouer ce livre ; il renferme les fleurs les plusdélicates de l’esprit allemand ; et quiconquevoudra connaître le peuple allemand sous unaspect aimable, que celui-là lise ce livre. Celivre est ouvert devant moi en ce moment, etil me semble qu’il me parfume de l’odeur denos tilleuls du Nord. Le tilleul joue en effet ungrand rôle dans ces chansons ; les amans de-visent le soir sous son ombrage, c’est leurarbre favori ■ sans doute parce que la feuilledu tilleul a la forme d’un cœur. Cette remar-que fut faite un jour par un poète allemand quej’aime par-dessus tous les autres, à savoir parmoi-meme. Sur le frontispice du livre est unenfant qui souffle dans un cor, et quand unpauvre Allemand jeté en pays étranger con-temple long temps cette image, il croit en-tendre les sons de ce cor, qui lui sont bienconnus, et il pourrait en prendre le mal dupays, comme le lansquenet suisse placé jadisen sentinelle sur un bastion de Strasbourg,qui, entendant de loin le ranz des vaches ,